Monsieur R, la soixantaine :

“Je suis né en 1947. En 1980, je m’aperçois un jour que j’ai de plus en plus de difficulté pour prendre les escalators, je ne vois jamais la première marche à temps. Je vais donc en consultation d’ophtalmo. Un interne m’examine et fait faire quelques tests: le champ visuel est un peu pertubé, la tension oculaire trop haute mais dans des chiffres encore raisonnables. Il me suit régulièrement et me demande, un jour, si je suis d’accord pour qu’il me montre au Professeur du service, naturellement, j’accepte.

Aussitôt ce médecin dit à l’interne que j’ai un glaucome bilatéral. Le diagnostic est fait, donc, il sera facile de faire un traitement. Le professeur m’explique que c’est une maladie chronique qui peut évoluer vers la cécité si on n’y fait rien.. J’ai tout de suite réalisé qu’il me tombait encore dessus une maladie qu’il allait falloir assumer.

J’étais gêné dans les escalators, dans les escaliers en descendant car je ne savais jamais où était la dernière marche. Le pire c’est au spectacle, on rentre la salle est noire et on n’y voit strictement rien, c’est le noir complet, la panique pendant les quelques secondes qui permettent d’accomoder. Pour traverser les rues, il faut toujours tourner la tête à gauche. On ne distingue pas toujours un verre vide transparent sur la table, il faut toujours faire très attention, mais on s’habitue. J’étais d’autant plus sensible au problème que ma mère âgée de 30 ans de plus que moi avait aussi un  problème visuel qui était, hélas pour elle, sans possibilité de traitement et à l’époque commençait à y voir très mal. est-ce la chance d’avoir la possibilité de me faire soigner ou l’avalanche de problème que j’avais dû déjà maîtriser, mais maintenant je me rends compte que j’ai pris cela avec beaucoup de philosophie.

Mais  j’ai toujours suivi scrupuleusement les conseils du médecin. J’ai eu d’abord, un traitement avec des gouttes, puis du laser dans l’oeil gauche puis dans l’oeil droit et enfin une intervention à gauche pour glaucome et cataracte.

Depuis, je revis, j’ai retrouvé de loin une vue normale et de près bien sûr, il faut des lunettes, mais j’ai toujours été myope et j’ai l’habitude des lunettes.

Si je peux me permettre de donner un conseil aux autres malades, qu’ils n’hésitent pas à aller régulièrement en consultaion dès le premier petit problème car c’est là le seul moyen d’éviter les catastrophes du fait du glaucome. Il est inutile de se désespérer, il faut faire face et tout faire pour aider les chercheurs à aller de l’avant.”


Dictionnaire

Champ visuel :

Espace de vision d’un oeil immobile lorsque le patient regarde devant lui. Le champ visuel des yeux est généralement mesuré séparemment (champ visuel monoculaire).

Ophtalmologiste :

Médecin spécialiste des maladies des yeux et de la chirurgie oculaire. (synonyme : oculiste).

Voie uvéosclérale :

Voie secondaire (ou accessoire) d’évacuation de l’humeur aqueuse. Une quantité faible (mais non négligeable) de ce liquide a la capacité de s’éliminer hors de l’oeil en traversant directement l’iris (uvée antérieure) et la sclère, d’où le nom de voie uvéosclérale.

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